Le métier de pet-sitter

Mis à jour : mai 20

Les départs en congés sont l’une des causes récurrentes d’abandon, notamment l’été. Chaque année, près de 40 000 chiens et chats seraient ainsi abandonnés sur la route des vacances en France, pays qui détient le triste record du nombre d’abandons en Europe, comme nous le montrait le film de la campagne 2019 de la Fondation 30 Millions d’Amis.


Il existe pourtant aujourd’hui plusieurs solutions pour confier son animal lorsque l’on n’a pas la possibilité de l’emmener avec nous en vacances. Si certains placent leur animal en pension ou sollicitent des proches pour s'en occuper, de plus en plus de personnes font appel à un pet-sitter professionnel, métier en plein développement.



Mais qu’est-ce qu’un pet-sitter ?


C’est une personne qui vient prendre soin d’un animal de compagnie lorsque son propriétaire n’est pas chez lui, que ce soit pour des vacances ou non. Le pet-sitter pourra par exemple sortir votre chien quand vos journées de travail sont trop longues ou prendre soin de votre chat pendant vos congés. Dans ce dernier cas, le pet-sitter remplira plusieurs tâches : vérifier l’état général de santé du chat, le nourrir, s’assurer qu’il a de l’eau fraîche à disposition, nettoyer sa litière… et, en fonction du caractère et du tempérament de chaque individu, proposer un moment de jeu ou de câlin.


Ce qui distingue un particulier (ami, famille, voisin…) d’un pet-sitter professionnel, c’est que ce-dernier est formé, assuré et déclaré :

  • formation : le pet-sitter doit être formé pour garantir une prise en charge rigoureuse et respectueuse de l’animal, et disposer notamment de l’ACACED.

  • assurance : il doit souscrire les assurances légales nécessaires, et notamment une assurance civile professionnelle en cas d’accident durant la garde ou la promenade.

  • déclaration : il doit être déclaré auprès du ministère de l’Agriculture et de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.


En effet, peu de gens le savent mais le métier de pet-sitter fait partie de ceux concernés par l’article L214-6-1 du Code rural qui régit toutes les activités liées à « la gestion d'une fourrière ou d'un refuge, ainsi que l'exercice à titre commercial des activités de transit ou de garde, d'éducation, de dressage et de présentation au public de chiens et de chats ». À ce titre, toute personne souhaitant travailler comme pet-sitter est tenue de déclarer son activité à la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) du département où elle souhaite exercer son métier. Elle doit également obtenir l’Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d'Espèces Domestiques (ACACED, anciennement CCAD) spécifique à l’espèce (chat, chien ou NAC) qui atteste que son détenteur dispose des « connaissances relatives » à l’animal.


L’ACACED étant très orientée vers le métier d’éleveur et n’abordant que très partiellement voire pas du tout les besoins fondamentaux requis pour le pet-sitting, cette seule attestation n’est absolument pas suffisante pour pouvoir exercer. C’est pour cela qu’il est important de suivre des formations supplémentaire sur les besoins biologiques, physiologiques, comportementaux et l’entretien des animaux de compagnie. Le pet-sitter travaille avec des êtres vivants et le seul fait d’être passionné ne peut pas garantir un bon savoir-faire.

Connaître les bases éthologiques de l’espèce dont il a la charge lui permettra par exemple de savoir exactement quand et comment approcher l’animal, s’il souhaite jouer, être câliné, ou au contraire s’il a peur ou ne souhaite pas être sollicité, notamment grâce à la reconnaissance des signes de stress ou de mise à distance. Le pet-sitter saura ainsi respecter au mieux les besoins et envies de chaque chien et de chaque chat, mais aussi noter tout changement de comportement.


Des bases en biologie permettront par ailleurs d’identifier un éventuel problème de santé. En cas de doute, en liaison avec le vétérinaire traitant et avec l’accord du propriétaire, l’animal pourra si besoin être emmené en consultation pour recevoir des soins. Par exemple, chez le chat mâle, une cystite peut évoluer vers une obstruction urinaire et être fatale en 48h, d’où l’importance de visites régulières et d’une connaissance des différents symptômes. Une formation en Premiers Secours Animaliers pourra également être un plus pour assurer les gestes nécessaires à la prise en charge d’un animal présentant une urgence vétérinaire.


Un pet-sitter professionnel doit en outre avoir certaines qualités comme être une personne de confiance, responsable, transparente, discrète, qui aime les animaux. Mais également avec de l’empathie envers l’humain car la relation de confiance entre le pet-sitter et ses clients est le socle d’une prestation de qualité sur le long terme. En effet, les propriétaires confient la garde de leur animal, souvent considéré comme un membre à part entière de la famille, mais également leur domicile, qui touche à leur intimité.


Comment choisir un bon pet-sitter ?


Il faut faire attention à toutes les plateformes de mise en relation et bien regarder qui sont les personnes qui se déplacent chez vous et gardent vos animaux. L'idéal est d’avoir un seul interlocuteur du début jusqu’à la fin, ce que propose un pet-sitter professionnel.


Outre les points évoqués plus haut, voici quelques pistes à explorer avant de choisir votre pet-sitter professionnel :

  • Vérifiez que vous êtes bien en accord avec ses méthodes de travail (notamment pour les chiens).

  • Assurez-vous que le site est clair dans ses services et propose bien des conditions générales de prestation de service et contrat de prestation.

  • Quand ils sont disponibles, n’hésitez pas à lire les commentaires des clients.

  • Vérifiez son réseau de relations.

  • Enfin, il sera bien évidemment important d’avoir un bon feeling lors de rencontre, car cela ne sert à rien de continuer si la confiance n’est pas réciproque.


Vous l’aurez compris le pet-sitting n’est pas un métier que l’on peut faire pour arrondir ses fin de mois ou juste parce que l’on aime les animaux. Beaucoup d’autres paramètres rentrent en jeu et il est important d’en avoir conscience autant pour le bien-être de l’animal que pour la sérénité de ses humains.


Par Noémie Goury – Spécialiste du chat : comportementaliste & cat-sitter, intervenante dans notre formation "Pet-Sitter et Dog-Walker".

Pour en savoir plus sur notre formation, c'est par ici.

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